Remonter

L'église Saint Martin d'en Haut

Saint MartinA la fin du XIème siècle, le village de Chézy l'Abbaye compte trois églises :

- l'église du domaine de l'Abbaye Saint-Pierre des Bords de Marne incendiée en 1414,
- Saint-Martin d'en bas détruite en 1850,
- Saint-Martin d'en Haut (ci-contre).

En partie détruite pendant la guerre de 100 ans, la reconstruction de l'église Saint-Martin d'en Haut commence au début du XVIème siècle.

Différents courants architecturaux s'y côtoient:
- Le style gothique du choeur;
- Le style Renaissance du portail Nord et son célèbre bas-relief représentant l'animal favori et emblème de François Ier: la Salamandre (qui triomphe du mal et porte dans sa gueule un épi de blé symbolisant le bien).
- A l'intérieur, on peut admirer une réduction de la statue de "Sainte Geneviève protégeant Paris" réalisée par Paul Landowski qui habita le château des Etolins à Chézy.
- Autre curiosité architecturale: le clocher-porche qui serait le témoignage du passage de Henri II, Catherine de Médicis et Diane de Poitiers à Chézy l'Abbaye dont les monogrammes sont sculptés dans les arcades.

L'église est classé aux Monuments historiques depuis 1913.

LavoirLe Lavoir et le Dolloir

Rivière classée première catégorie (truites), affluent de la Marne, le Dolloir traverse la totalité de notre territoire.

Dans le village, ses rives ont été aménagées en promenade, l'ancien lavoir encore utilisé le siècle dernier a été restauré. La vue sur le cours d'eau, depuis le pont routier, est l'une des préférées et des plus reproduites par les artistes peintres de la région.

La décoration fait devant le lavoir est inspiré de la Fable de Jean de la Fontaine "La Grenouille et le Boeuf".

Les ruines de l'Abbaye

Chézy-sur-Marne s'appela d'abord Chézy L'Abbaye, une des plus anciennes fondations monastiques de la région.

En 1142, éprouvés par les luttes entre Louis XI et Thibaud de Champagne, les moines refluèrent vers le bourg où ils reconstruisirent une abbaye. Ses ruines furent réhabilitées aux début de la guerre de cent ans en château fort. Le "vieux château", comme on le surnommait alors, fut incendié en 1414 et demeura dans la dépendance de l'Abbaye.

Aujourd'hui ses ruines, propriété privée, sont encore visibles en bordure de la place du village.

L'aqueduc de la Dhuys

l'Ouvrage, la Génèse du projet

En 1850, l'eau potable distribuée dans Paris provient de prélèvements directs dans la Seine et dans le canal de l'Ourcq. Mais la pollution de ces eaux devient (déjà à l'époque) trop importante. De nombreuses épidémies se déclarent.

Le préfet de Paris, le Baron HAUSSMANN, lance donc ce qu'il appelle "la Bataille des eaux de sources". En 1855, le Conseil Municipal adopte le principe des « deux services ». L'évacuation des eaux usées est prise en charge par le Service Public, l'alimentation et la distribution de l'eau potable revient au Service Privé. Ces eaux potables devront provenir de sources périphériques à la région parisienne et seront captées et dérivées par des aqueducs vers Paris. Après de nombreuses études, il s'avère que les sources à débit acceptable se situent à plus de 100 km de Paris. De nombreux projets furent dressés. Seul celui relatif aux sources de la Dhuys fut appliqué.

Dans un premier temps, les sources de la Dhuys sont donc acquises par la Ville de Paris (29 juillet 1859). Le 18 mai 1860, le Conseil Municipal approuve le projet de construction d'un aqueduc. Le décret déclarant la dérivation de ces sources d'utilité publique est publié le 4 mars 1862. Fin juin 1863, les travaux débutent. L'eau sera introduite dans l'aqueduc le 2 août 1865 et la distribution de Paris commença à fonctionner d'une manière régulière le 1er octobre 1865. Les travaux commencent en juin 1863 et l'eau arrive pour la 1ère fois à Paris le 1er octobre 1865 au réservoir de Ménilmontant.

La longueur totale de l'aqueduc est de 131 km dont 114 en aqueduc en plan d'eau libre et de 17 km de siphons dont 12 en souterrains. La section de l'aqueduc construit en maçonnerie (pierre et béton) est de forme ovoïde, sa hauteur intérieure est de 1,76 m et sa largeur de 1,40 m. Les siphons sont en tuyaux de fonte de 1 m de diamètre. La pente générale est de 0,10 m au km. C'est un ouvrage de type gravitationnel : l'eau s'écoule dans l'aqueduc, il n'y a pas de pompes.

Le point de départ au captage se situe à la cote 128. La cote à l'arrivée est à 98 m. Quatre départements sont traversés : l'Aisne, la Seine et Marne, la Seine-Saint-Denis et la Seine. Le débit de l'eau transporté par l'aqueduc est de l'ordre de 20 000 m3/jour soit 231 l à la seconde. Son acheminement pour Paris est de 3 jours environ, soit une moyenne de 1800 m à l'heure. Cet aqueduc, dans son parcours, suit monts et vallées empruntant au départ celle du Surmelin à partir de Pargny la Dhuys (canton de Condé en Brie) et ensuite la vallée de la Marne à partir de Fossoy pour traverser le plateau de la Brie. (adaptation d'un texte rédigé par l'Association régionale Vie et paysages pour la 2ème journée du Patrimoine de pays)

une aire de promenade appréciée

La circulation de tous véhicules à moteur ainsi que l'équitation sont interdites sur la Dhuys pour des raisons évidentes de préservation de l'ouvrage. Les promenades à pied y sont toutefois tolérées. Les paysages et divers points de vue, la découverte des orchidées sauvages (attention cueillette interdite !!) en font un lieu très apprécié des promeneurs régionaux.

La maison du XIVème

La maison dite « les galeries » à Chézy sur Marne :

Située dans le centre du village, elle est la seule maison à colombage du Moyen-âge qui nous soit parvenue. Si la date précise de construction en reste incertaine elle peut être située au 14ème siècle.

Le terme colombage est mentionné dans les textes à partir du 13ème siècle, sa racine étant le mot « colombe » ancienne désignation du mot « colonne ».

La technique de construction à colombage était une méthode très ancienne, connue des romains : en Italie à Pompéi on a retrouvé des constructions de ce type. Cette méthode fut utilisée en France et dans toute l'Europe jusqu'à la fin du 18ème siècle. Encore de nos jours cette technique est conservée dans les pays scandinaves avec des matériaux modernes.

Processus de construction

Le maître charpentier choisissait, coupait et taillait les arbres nécessaires à la mise en place de la structure. Son choix portait sur une variété de bois durs tels que : chêne, châtaignier, hêtre qui avait préalablement séché pendant une trentaine d'années. Pour la réalisation d'une console le choix portait souvent sur des branches qui s'étaient développées sous une certaine forme.
Sur la façade de la maison de Chézy on retrouve les colonnes sur le plan vertical et les pannes sur le plan horizontal. Les pannes situées juste sous le toit formaient la sablière du haut. La sablière du bas est absente de cette façade sans doute parce qu'il s'agit d'une construction dite « sur pied ».
Cela implique que les colonnes n'atteignent pas le niveau du sol mais reposent sur un socle de pierre d'une hauteur 1m50 approximativement par souci de mise hors d'eau et de protection contre l'humidité. Une fois la structure en pannes et colonnes de bois achevées, on procédait à la mise en place des « colombages » de remplissage verticaux. Fréquemment aux angles de la maison se trouvaient des colombages en biais pour en renforcer la stabilité. Les structures en bois étaient consolidées par la technique traditionnelle des tenons et mortaises. Entre les colombages des petites lattes de bois horizontales clouées servaient de support au torchis. Le torchis consistait en un mélange d'argile et de fibres d'origine végétale ou animale comme la paille, le lin, le crin de cheval etc, l'eau servant de liant. Ce torchis remplissait l'espace entre les colombages : il était enduit après séchage d'une couche de plâtre puis de chaux. A l'occasion des fêtes de village ces torchis étaient ré enduits.

Cette méthode de construction était écologique, durable – comme en témoigne notre maison de Chézy qui a traversé le temps. Cette méthode présentait également la particularité d'être recyclable : en effet le bois de construction était souvent réemployé, raison pour laquelle de nombreuses maisons de ce type ont disparu.

Texte de : Jan Fienieg Van Anrooy

 

le Pressoir

Cet outil de travail, assez symbolique du terroir champenois, a été offert à la commune par son ancien propriétaire vigneron.

Abrité sous un auvent, il met en valeur l'espace ludique qui l'entoure ainsi que les berges du Dolloir.